Écriture créative (F25 – 4/4)

Promenades contemplatives dans Paris

  • Par Bianca Niyonzima

Je suis allée courir avec une amie dans le Bois de Vincennes, j’ai fini mon premier 5 kilomètres. Le paysage du bois était très joli et grâce à l’adrénaline et à notre vitesse, les arbres, les fleurs et les cygnes dans le petit étang avaient l’aspect d’un rêve surréaliste. Corps couvert de sueur, mon rythme cardiaque s’accélère au rythme de mon bonheur. Le parc était bondé de joggeurs. J’avais l’impression d’être dans une forêt spécialement conçue pour moi et les personnes qui y cohabitent, tous courant vers le même but. À la recherche de sens dans la nature et l’exercice. Il est difficile de décrire la sensation que j’avais quand j’étais dans le bois. C’était comme du déjà vu, mais la seule différence était que je ne suis pas dans un rêve déjà vu, c’était comme si j’entrais dans un nouveau monde. La recherche dit que les hormones qui se libèrent dans le corps quand on court créent des sensations d’euphorie, mais c’est bien plus. Quand j’étais dans le bois, j’ai parcouru les arbres des yeux et ce mouvement crée un effet de couleurs se fondant avec le fond bleu et vivant. Les couleurs semblaient comme des coups de pinceau sur un tableau, qui nous suivaient, moi et Kate, pendant notre jogging. J’ai senti le temps devenir plus lent, quand l’entraînement devenait plus intense. J’avais l’impression que mon corps flottait. Ma course avec Kate semblait comme un rêve idéal. Je crois que j’étais dans un état imparfait, en sueur et fatiguée, mais malgré toutes les imperfections et la douleur physique, je me sens la plus heureuse que j’aie été à Paris. Il y a une puissance spectaculaire quand tu mélanges la valeur de la souffrance humaine nécessaire face à la beauté de la nature et à la communion avec autrui, même pour une chose aussi simple que la course à pied.

  • Par Katherine Powell

La lune domine encore le ciel même dans le matin qui s’ensuit. Elle disparaît et apparaît dans les marées changeantes des nuages. L’allée qui a vue sur la Seine, est vaste et usée, faite de gravier et de sable. Le long de l’allée il y a les lueurs tamisées et ambre des réverbères, éclairant les bancs verts ici-bas. Seulement les ronronnements des voitures et le cliquetis du métro alors qu’il traverse le fleuve sont entendus. Et, très proches, il y a les pas doux des coureurs qui passent. Ils sont silencieusement résolus et se contiennent dans leurs corps fatigués et sont propulsés par leur motivation incessante. Un homme qui porte un uniforme de travail traine les pieds, tenant un instrument long qu’il utilise pour ramasser les déchets parmi les bancs. La Seine brille avec les reflets et reste stable, impassible, et belle. Un homme d’âge mûr avec des lunettes se repose sur le mur de pierre à côté de l’allée. Il porte un casque et il grignote une pâtisserie, existant dans sa propre tranquillité intérieure. Son regard s’est concentré sur la tour Eiffel, qui est foncée contre le ciel nuageux, dont les lumières scintillent. Son sommet est enveloppé par les nuages et il donne l’illusion que peut-être il continue indéfiniment vers le haut.

  • Par Libby Surgent

C’est la fin d’un coucher de soleil, et les couleurs sont très fortes. Il y a du rouge, des oranges, des roses et des violettes de toutes les nuances. Le vent n’était pas fort, donc les nuages ne se déplaçaient pas vite. Les nuages n’ont pas bougé du tout. Ce sont comme des stries fines, pas très hautes. On peut à peine voir le soleil derrière le bâtiment de l’école. Très bientôt, le soleil va disparaître. Le ciel semble immobile, mais en bas il y a la vie. Les gens qui marchent dans la rue ne regardent pas les nuages. Ils ont leur propre vie, ce n’est pas le moment de regarder le ciel. Les voitures sont bruyantes, chaque nuit à toute heure elles sont bruyantes, mais maintenant la circulation est trop bruyante. Il y a une division entre le ciel et la terre. Le monde du rose, du rouge, de l’orange, du violet, et le monde du temps, des amitiés, du langage, de l’inquiétude. Les gens ne peuvent pas atteindre le monde d’en haut. Il est trop beau pour y accéder.

Écriture créative (F25 – 3/4)

Se souvenir, entre intime et collectif : le Covid

  • Par Hannah Tsukamoto

Je suis en train de lire un e-mail, et je pense au battement de cœur humain. Je pense aux mécanismes du cœur qui permettent la survie continue du corps humain. Je pense maintenant au corps humain comme un système complexe constitué en fin de compte de chair fragile.

Le cœur est l’organe que nous avons appris en cours de biologie, et dans deux jours nous allions en disséquer un. Je l’attendais avec impatience. Avec nos propres yeux, nous allions remarquer la puissance de cet organe majestueux, ainsi que son incroyable fragilité, qui avait soutenu la vie d’une vache pendant tant d’années. Un cœur de vache conservé avec du formaldéhyde : si puissant dans la vie. Et pourtant maintenant : seulement un morceau de chair froide dans un laboratoire de biologie.

Je pense aussi au mouvement de mon propre cœur. Je pense au cœur comme à un organe des émotions. Je pense à la façon dont mon cœur semblait se précipiter vers ma gorge et résonner dans toute ma poitrine pendant que je passais un examen de piano l’année dernière. Juste comme ça, j’ai eu l’impression que mon esprit avait été blanchi de toute information. Les mouvements fluides que j’avais pratiqués pendant les heures ont été interrompus par ma propre nervosité et le tremblement de ma propre main. J’ai mémorisé trois autres morceaux cette année, et pendant le processus de répétition, j’ai toujours pensé à l’inévitabilité de les jouer ce samedi. Mais maintenant, dans trois jours, mes doigts n’auront plus l’occasion de danser élégamment sur le clavier, pas même l’occasion de s’y débattre maladroitement. Je suppose que mon cœur devrait être soulagé.

Je pense à l’amitié. Je pense, d’un côté, à ma meilleure amie du collège, et de l’autre, à mes nouvelles amies du lycée. A l’heure du déjeuner, je ne sais pas avec qui m’asseoir. Mon cœur semble incapable de décider. Je me demande même si ce choix doit vraiment exister. Peut-être qu’il y a un moyen de présenter mon ancienne amie à mes nouvelles amies, mais cette idée paraît difficile à réaliser.

Mais que dis-je ? Aucune de ces pensées n’est plus pertinente. L’écran devant moi m’indique ceci : Il n’y aura pas d’école demain. Il n’y aura pas de cours de biologie vendredi. Il n’y aura pas d’examen de piano samedi. Des décisions ont été prises à cause d’une pandémie mondiale, et je ne serai la personne qui les prendra.

Demain je n’aurai plus besoin de décider avec qui m’asseoir à mon lycée. Dans deux jours, je n’aurai plus besoin de guider un scalpel à travers la chair tendre d’un cœur de vache. Dans trois jours, je n’aurai plus besoin de jouer du piano pour un inconnu, le cœur battant. Peut-être qu’un jour dans le futur je ferai ces choses. Mais pas maintenant. Non, pour le moment, j’observerai simplement le monde à travers l’écran de mon ordinateur.

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Promenades contemplatives dans Paris

  • Par Kenji Kono

Assis face à la pelouse ouverte du Jardin du Luxembourg, je pouvais voir le changement de saison. Une pelouse vide de personnes mais pleine de feuilles qui étaient tombées était au centre de mon champ de vision. Sans mouvement ni changement, juste des nouvelles feuilles qui tombaient l’une après l’autre. Les feuilles brunes et jeunes sans aucun signe de vie. De chaque côté de la pelouse il y avait des petits jardins pleins de couleur et de vie. A gauche un jardin avec des dizaines d’espèces de fleurs différentes : bleues, jaunes, roses, lavande, blanches et tout ce qu’il y a entre elles. Deux grands arbres entouraient la pelouse avec des feuilles plutôt vertes et jaunes, montrant que c’était juste le début de l’automne. Juste derrière la pelouse, on voyait environ dix arbres avec des feuilles presque mortes, attendant un grand coup de vent pour les faire tomber. C’étaient des arbres avec la majorité des feuilles déjà parties. Ça me fait penser à l’hiver qui est pourtant lointain mais en même temps assez proche. Entre la fin de la pelouse et les arbres nus, il y avait une petite allée du Jardin du Luxembourg. L’allée était très vide en comparaison avec les autres endroits du parc mais en comparaison avec cette pelouse vide et tranquille il semblait que c’était l’allée la plus vivante, animée du monde. Les chaises sont plutôt vides avec deux couples et une famille assise tranquillement. Mais toujours il y avait des personnes en train de faire leur promenade qui défilaient. Certains des marcheurs donnaient l’impression qu’ils faisaient ça tous les jours à la même heure. D’autres donnaient l’impression que c’était leur première fois dans ce parc et peut-être même à Paris. 

Mais on pouvait toujours voir les autres petits morceaux du jardin à travers les trous dans les arbres. C’était juste une petite pelouse dans un parc plein de pelouses comme ça. Celle-là était tranquille et assez vide de personnes, mais en même temps avec plein de choses à dire.


  • Par Izzy Marcus

Il y a trois arbres qui percent le centre de la vue. La plupart des feuilles sont tombées sur le sol. Le nombre de feuilles ne correspond pas à la grandeur des arbres, donc il doit y avoir quelqu’un qui les ratisse pour garder le parc propre. À la droite des arbres, plus petite en comparaison, il y a une statue. Trois parties sur quatre de la statue sont en marbre, et la partie finale est en bronze. À cause de cela, les yeux sont attirés par le buste en bronze. Derrière cette statue, il y a plusieurs arbres de grandeur similaire aux premiers, mais ils disparaissent dans le cadre, les yeux suivent autre chose. Tout à fait à droite, il y a un ensemble d’arbres plus petits, qui ont encore la moitié de leurs feuilles. Sous ces arbres, on trouve des buissons et des fleurs. Pour la plupart, ces plantes sont vertes, mais le groupe occasionnel des fleurs introduit aux yeux les couleurs profondes de rouge, violet, et jaune. Une « Maison des insectes » reste à côté de ces buissons et fleurs, mais ils ne m’intéressent pas, parce qu’ils sont brutaux.

Les gens marchent au milieu des trois grands arbres. Un des arbres est juste un peu derrière l’autre, et un chemin les divise, donc les gens passent entre les arbres, comme s’ils marchaient à travers une haie d’honneur. 

À la gauche des arbres, les yeux trouvent un cadre similaire à la droite, mais moins intéressant. C’est difficile de se forcer à regarder à gauche, parce que les arbres sont petits et les buissons sont ennuyeux. En plus, on peut voir juste derrière ces petits arbres, un mur qui ne plaît pas. C’est mieux de se concentrer sur quelque chose d’autre.

Il y a une grande pelouse entre la droite et la gauche, devant les arbres. Elle nous invite à courir, ou à nous reposer, ou à nous asseoir et à manger. Mais c’est interdit, le signe au milieu de la pelouse, à mi-chemin entre les yeux et les arbres, nous dit que la pelouse est interdite. C’est dommage.

Les yeux regardent vers le ciel. C’est normal. Le soleil derrière étend ses rayons qui donnent aux pelouses les ombres qui s’élargissent loin des yeux. 

Une autre feuille tombe de l’un des trois arbres qui s’élève avec grandeur, et elle reste dans une poche de soleil entre les ombres sur la pelouse, à mi-chemin entre la droite jolie et la gauche ennuyeuse.

Écriture créative (F25 – 2/4)

A la manière de Proust… dans le métro parisien

  • Par Katherine Powell

Il y a de nombreuses fois que je me trouve dans le métro. Il n’est pratiquement pas possible d’éviter ce moyen de voyager, particulièrement comme une étudiante internationale qui n’a pas accès à une voiture, et qui est toujours, il semble, en retard, et donc, espère toujours que le métro bougerait plus rapidement qu’il peut bouger. En étant assise, sur un siège rembourré, dont je me demande souvent ce qui avait trempé dans son coussin, je l’ai attendu avec de la patience, qui se dégrade, mon arrêt, je faisais de mon mieux pour lire, mais mon esprit, parfois une chose imprudente et étrange, était parti ailleurs, mais maintenant les portes du métro se sont ouvertes et des gens sont entrés, le plus notable était une mère avec ses deux enfants, une fille et un fils, très jeune, peut-être juste environ trois ans, et ils ont commencé, comme leur mère était debout et tenait un poteau, à courir autour de ce poteau, encore et encore, ignorant de façon flagrante leur environnement, et ils se heurtaient contre les autres voyageurs, moi-même incluse, et ils avaient continué cette action, cognant souvent contre mes genoux; essayant de leur donner de l’espace, j’ai approché mes genoux, sans succès, parce qu’ils ont continué à se heurter contre mes genoux quand ils sont passés. Leur joie me fait penser à ma propre enfance et la folie et l’imagination qui viennent avec la naïveté du monde et la reconnaissance innée et inconsciente du fait simple de vivre; ce bonheur me manque et je me suis rappelé mon besoin d’incarner cet émerveillement enfantin dans ma propre vie étant plutôt démoralisée par la banalité quotidienne, qui, en soi-même, est assez belle ça veut dire que nous sommes vivants, même si la vie est parfois ennuyeuse et dure dans un monde toujours bizarre et chaotique et trop cruel; au moins, j’ai la capacité d’éprouver cela et les émotions qui viennent avec mes expériences; et alors, quand les enfants étaient partis, je suis restée et j’ai pensé beaucoup, me disant que je me trouve ce regard d’enfance dans ma propre vie, mais pour être honnête, je doute qu’il soit possible l’avoir jamais encore.

  • Par Hannah Tsukamoto

Il y a des moments – celui-ci parmi eux – où, dans un espace public bondé, qu’il s’agisse d’une station de métro, d’un centre commercial, ou d’une intersection très fréquentée, où pas un seul visage autour de moi n’est reconnaissable dans la foule de personnes qui m’entourent, une pensée me vient soudainement à l’esprit : l’image de moi-même en tant que jeune enfant, dont l’esprit, malgré les années qui nous séparent, je reconnais toujours en moi. Dans de tels moments, chaque petite action que je prends devient notable : le coup de ma carte de métro sur le portillon, chaque fois que je franchis le seuil entre le train et le quai de la gare, chaque pas que je fais seule dans cette vaste ville. Toutes ces actions, toute cette liberté qui s’offre à moi, bien qu’elle semble insignifiante, comme une partie de ma vie habituelle, presque oubliée à cause des soucis et du stress quotidiens de la vie, me rappellent que l’enfant que j’étais autrefois aurait considéré cette vie que je mène actuellement comme l’accomplissement de l’un de ses rêves les plus chers. La simple capacité d’aller n’importe où dans une ville, de me perdre dans une foule—je trouve que paradoxalement, lorsque je suis le plus en mesure d’apprécier cette merveille de vie, les préoccupations et obligations triviales éclipsent si souvent ce qui devrait susciter l’émerveillement.

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A la manière de Duras

  • Par Kenji Kono

Christophe est mon père d’accueil. Il a 62 ans et c’est un écrivain et jardinier. Avant, il était vendeur pour Calvin Klein et a travaillé avec un des plus fameux modèles des années quatre-vingt-dix. Il passe ses journées à écrire cinq heures par jour et travaille dans les différents jardins de ses clients autour et en dehors de Paris. Erasme c’est son fils de 24 ans. Il habite à la maison. Il fait des études de cinéma et essaie de promouvoir son nouveau film en même temps.

Je les ai rencontrés au premier déjeuner de mon séjour. Je viens d’envoyer un mail à un autre festival de cinéma, dit Erasme à Christophe. Erasme vient de finir la production de son film et maintenant doit commencer à faire des projections autour de Paris. Le film était un documentaire expérimental sur la Turquie.

Les deux se sont liés par leur amour pour le cinéma. Comme le père est un cinéphile, il lui donne souvent des conseils sur ses films. Cette première introduction était une simple image mais représentative de leur relation.

Écriture créative (F25 – 1/4)

Se présenter par un acrostiche

  • Par Bianca Niyonzima

Nom de Famille
Il y a 4 autres personnes que je connais qui ont le même nom de famille
Y c’est une lettre difficile pour commencer une phrase
Où est l’origine du nom ?
Niyonzima c’est un nom rwandais
Z, aussi c’est une lettre difficile
Il y a deux lettres dans le nom Niyonzima c’est difficile à inclure
Mais, les autres lettres ce n’est pas mal.
Alors, merci pour votre temps ! Bisous, Bianca Niyonzima

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Scènes de la vie parisienne

  • Par Izzy Marcus

Un long flux d’air s’échappe de ses lèvres au même moment où il attrape son manteau ; cela correspond à ses yeux qui percent le plancher de bois qui avait été construit il y a de nombreuses années, comme s’il voulait la réponse pour son échec dans la vieille sagesse dans le sol. Je vois tout cela pendant que je m’assieds à l’autre table ; mon assiette vide reste devant moi mais c’est comme s’il y a un accident de voiture – je veux dire que je ne peux pas aider mais je ne peux pas partir – donc la serveuse m’apporte mon deuxième dessert avec un autre verre de chardonnay, dont je ne veux pas ; elle me dit quelque chose mais je n’entends pas parce que l’homme part finalement, laissant la femme toute seule. Dans ma tête c’était un rendez-vous qui était organisé sur une application de rencontres ; les deux jeunes adultes ne semblaient pas se connaître ; je suppose aussi que ce sont les conditions de plusieurs des premiers rendez-vous mais si j’ai passé ma soirée entière à regarder un événement auquel je n’avais aucune raison de participer, je voudrais trouver une sorte de morale. La femme prit un moment ; peut-être la nuit était le plus difficile pour elle mais c’est difficile aussi de dire pour qui c’était le pire ; l’homme avait payé et si on doit jeter une soirée de temps libre, je suppose qu’il est meilleur de faire cela gratuitement ; encore, elle me semble avoir l’air le plus perdu. Le vin dégoutte à travers ma gorge ; il fait passer le goût de mon dessert indésirable ; rien ne se passe maintenant pendant que la femme regarde à son portable avec une certaine intensité ; je pense qu’elle attend que l’homme s’éloigne avant de partir, mais peut-être elle envoie des textos à ses amis ; elle peut aller avec ses amis pour la fin de la soirée et essaie de s’amuser ce soir, ou pour être ramenée à la maison si elle est venue avec l’espoir qu’elle serait ramenée à la maison par son rendez-vous ce soir. Ses yeux rencontrent les miens, et j’essaie de trouver un visage qui peut offrir la sympathie, mais ils se déplacent rapidement ; son esprit est occupé avec d’autres choses pendant qu’elle commence à partir. Demain, les deux jeunes adultes essayeront d’oublier ce soir, mais moi, qui n’ai pas de raison d’oublier, penserai aux deux pour un peu de temps. C’est peut-être moi qui ai perdu le plus de temps. 

  • Par Libby Surgent

J’ai marché rue de Rome et j’ai tourné à gauche. Le vent était doux dans mes cheveux. Je suis passée devant un lycée, et les élèves fumaient à la porte. Certaines personnes étaient debout, d’autres assises sur le trottoir. Ils étaient pour la plupart vêtus de gris. Je ne connaissais pas leurs visages, je ne connaissais personne dans la rue. Ils m’étaient tous inconnus, mais les bâtiments et les couleurs m’étaient familiers. Je suis arrivée au parc Monceau, les couleurs avaient changé, je n’étais plus dans le monde des gris, le monde des bâtiments et des roues. Le monde des voitures. Ce monde était gris, mais ici c’était vert. J’ai vu des fleurs roses, violettes, jaunes. Des filles et des garçons cachés dans les arbres. Un vieil homme endormi dans l’herbe, plongé dans un rêve, ou dans un sommeil sans couleur. Un bouledogue s’est approché de moi, et j’ai senti sa fourrure rêche. Ses dents étaient grandes et sa gueule semblait tomber de son visage. Le soleil était trop fort, et j’avais chaud dans mon manteau, alors je suis rentrée chez moi.

Présentation des textes de l’atelier d’écriture créative (F25)

Un nouveau semestre touche à sa fin, de nouvelles créations apparaissent comme autant de cadeaux au pied du sapin ! Notre collègue Alexis Weinberg a accompagné six étudiant(e)s dans leurs travaux d’écriture créative. Nous lui laissons la parole pour présenter les œuvres que vous pourrez lire dans les prochains posts.

« Ce semestre à nouveau, six séances de deux heures, des activités d’écriture organisées en six grands « gestes », deux textes retenus par chaque participant.e pour publication.
Une certaine qualité poétique émane des lieux où la nature a bonne part, dans les textes que vous allez lire : le Jardin du Luxembourg, le Bois de Vincennes, le Parc Monceau, mais aussi les quais de Seine, au petit matin ou au coucher du soleil. Si les descriptions, en cet automne parisien, exercent leur charme dans ce recueil, d’autres scènes de la vie parisienne, plus animées, y trouvent aussi leur place, qu’elles aient lieu au café ou dans le métro. C’est parfois à la manière proustienne que leurs échos intérieurs sont déployés. Au détour d’une rue, d’une allée, d’un quai, un moment de vérité survient alors.
A cet égard, nous sommes allés écouter l’écrivaine Alice Renard, à peine plus âgée que nos participant.e.s, lire une partie de son recueil de nouvelles, Peaux vives, à la Maison de la Poésie. C’est à la première personne qu’elle y raconte un moment de transformation intérieure, dans la vie de personnages de tout âge, de toute condition et de toute époque. Peut-être que ce semestre aura été l’occasion d’une telle expérience transformatrice chez nos étudiant.e.s. Certains textes en donnent brillamment l’indice.
Un grand merci à Bianca, Hannah, Izzy, Kate, Kenji et Libby pour leur implication, et, toute ma reconnaissance au VWPP, à son équipe et à Tom pour leur confiance, cette fois encore.
A noter qu’au prochain semestre, l’atelier évoluera pour compter douze séances, les textes publiés y prendront une forme plus ample et continue : à suivre, donc…
»

Alexis Weinberg

Écriture créative : A la manière de… (5/5)

A la manière de Marguerite Duras.

Par Reid Schuncke

 

1

Francis est mort. Il est allongé sur son grand siège inclinable de cuir marron, dans son petit salon. Le papier peint de l’ancien mur s’écaille. Sa télé est allumée. Il était en train de regarder un match de foot. 

Comme d’habitude, Francis porte un t-shirt et son pantalon de survêtement qui doit être lavé. Il y a des traces de sang sur sa bouche et sur ses mains, mais on ne sait pas pourquoi il a saigné. Son visage est gris, ses yeux sont ouverts. On ne peut pas discerner son expression – est-ce qu’il est serein ? Fâché ? De cette perspective, rien n’est clair. 

À côté de Francis, il y a un verre. Il contient une substance collante. On ne peut pas le sentir, mais si vous connaissiez Francis aussi bien que moi, vous sauriez ce qu’il y a dans ce verre. 

On doit tourner le dos à Francis.

 

2

Francis et moi, nous étions jeunes ensemble. Nous avons grandi ensemble. Mais nous ne sommes pas morts ensemble. Viens! Viens avec moi, chérie! C’est Francis, et il a 15 ans. Il était le type de jeune qu’on aime et déteste, les deux. Il était charmant. Il était égoïste. Il était courageux, mais aussi négligent.

Viens! Viens! Et je suis toujours venue. 

Dans la chaise, Francis ressemble à un vieil homme, mais il a seulement 35 ans. Les lignes sur son visage sont intensifiées par la mort. 

Quand nous étions jeunes, il était beau.

 

3

Les empreintes sur son verre sont sanglantes. Il y a d’autres bouteilles qui encerclent Francis, des bouteilles de couleurs et tailles différentes. On remarque qu’il y a aussi du verre brisé. Des petits éclats de verre scintillent autour de l’homme mort, comme des petits diamants. 

Quand on tourne le dos à Francis, le verre est écrasé sous les pieds.


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A la manière de Marcel Proust

Par Lindsey Solo

Comme le dit l’adage : de connaître quelque chose comme le dos de vos mains, c’est d’avoir étudié chaque ligne, chaque courbe, et chaque tache de rousseur, mais je n’aime pas vraiment le dos de mes mains. Néanmoins, je passe le temps à me concentrer sur leur forme et chaque détail que j’aurais appris à détester. 

Vingt ans de curiosité visuelle ont transformé ma familiarité en une aliénation. L’eczéma, des doigts cassés, des bagues ternies, et des poils qui reviennent. J’oublie leur importance capitale quand je me concentre seulement sur leur forme physique. Chaque fois, quand je prends une douche trop chaude, ils risquent d’être brûlés, ils caressent mes chats, communiquant un amour simple (mais néanmoins profond), ils apprennent à écrire les histoires et à tourner les pages des romans, ils réchauffent les autres, prolongent mon corps hors de ses lignes rigides. 

Je ne sais pas quand la familiarité a commencé à impliquer l’engourdissement, peut-être en me regardant dans le miroir je me suis détachée d’une façon nostalgique. J’ai envie de contrôler mes pensées, mais alors c’est futile. Le travail de Simone de Beauvoir a démystifié mes pensées quand elle a écrit : « La femme… sait que quand on la regarde, on ne la distingue pas de son apparence. » Il semble que c’est une partie de l’expérience d’être une femme. Je me concentre toujours sur ce qui est tangible et immuable plutôt que l’inverse. Les couleurs, les lignes et les formes se métamorphosent en quelque chose de flou. J’ai perdu la vue. Dans un effort de réorientation, je baisse les yeux et retourne étudier mes mains. En faisant l’effort de prendre le contrôle de ma vie, mes mains ont décidé de décoller le miroir fixé à mon mur. C’était un acte de rébellion involontaire. 

Alors, il a laissé un cercle de colle sur le mur. C’est peut-être ce qui donne à la nostalgie une connotation pas complètement positive. C’est impossible de combiner toutes les versions différentes de nous-mêmes. Nos vraies identités existent comme des collages de petits et de grands souvenirs, cachées loin dans nos esprits. Notre existence est collective : une collection des moments du passé qui ont encore des impacts aujourd’hui, même avec les choix d’hier. Oublier, oublier, oublier notre réflexion. C’est seulement son ombre.  

Bien sûr, la colle oubliée est le lien entre tout cela. C’est suspendu comme un chef-d’œuvre, mais il ressemble à une tache. Trop transparent à nettoyer, mais avec le temps ces petites taches accumulées forment des nuages de mémoires oubliées – belles et irrésistibles. Des photographies des premières amours, un crayon gras rouge, des posters de Selena Gomez, tous ont laissé leur marque. Il semble que devenir adulte soit synonyme de restaurer les murs blancs banals dans notre chambre qui étaient avant cachés par des petits rappels de souvenirs que nous voulions garder pour toujours. Il semble que grandir comme une femme soit en partie d’oublier notre passé et de retrouver nos essences nues. De reconnaitre que nos conceptions de soi doivent contenir nos qualités abstraites. 

Écriture créative : A la manière de… (4/5)

A la manière de Virginie Despentes

Par Tremaine Dawson

Un parc qui se transforme en une forêt plus on le parcourt. Fabian commence son voyage vers 18h. La soleil va se coucher bientôt mais il s’en fiche. Il court tous les mercredis pour rester en forme et passer le temps car chez lui, c’est très isolé. Il écoute 6lack, un artiste rappeur américain qui l’intéresse puisqu’il a fait le choix d’apprendre l’anglais il y a deux mois. Il ne sait pas ce qu’il dit mais il aime le rythme et ses productions. Le paysage du parc est très joli maintenant. Les feuilles changent de vert à orange, marron, et certaines feuilles décorent le sol de son chemin. 

Pendant que la musique joue, il pense à sa vie. « Est-ce que j’aime ma vie maintenant ? Qu’est-ce que je voudrais faire à l’avenir ? Et suis-je prêt à changer ma vie ? » Ses pensées prennent tellement le dessus sur son esprit qu’il ne se rend pas compte qu’il est presque chez lui. Le chemin traverse le parc et après la forêt mène directement à son grand et nouvel appartement. Il y a 15 étages et il habite au 12ème. « Je peux voir toute la ville », dit-il à tout le monde qui lui demande pourquoi. C’est pas exactement faux mais c’est pas la vérité totale. C’est aussi pas son choix de vivre tout seul. C’est la vie. Je vous dirai plus tard. 

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A la manière de Marguerite Duras.

Par Claire Bennett

Dès que Paul revient de l’armée, il semble différent. Même s’il est difficile à décrire, néanmoins il est clair qu’il lui manque quelque chose. Oui, son bras droit sous le coude, mais Paul n’a pas besoin de son bras droit. Il n’écrit ni fait de sport ni mange à la fois avec une fourchette et un couteau. Donc, le fait qu’il n’a pas son bras droit sous le coude va assez bien pour Paul.

Pendant sa jeunesse, Paul était le pire avocat de la ville. C’était bien connu, et on se moquait bien de lui. Il pratique le droit immobilier, le domaine le moins respectable selon quiconque qui compte. Sous la direction de son père, il a perdu 30 kilomètres carrés qui avaient appartenu à une ferme de pommes de terre, une gaffe incroyable. De toute façon, il a donné ces 30 kilomètres carrés à une grande entreprise chimique, qui a inondé le sol avec plus d’une tonne de chlorofluorocarbures. Toute la terre est abîmée, et tout le fleuve en aval, aussi. Ça c’est la sorte d’histoire vraie qui ne pourrait pas arriver sauf dans une petite ville, et qui ne pourrait pas arriver sauf à quelqu’un comme Paul. Tant pis. 

Alors Paul est différent, et nous réfléchissions tout au long de son premier mois chez lui, réuni avec sa grande voiture rouge et les cigarettes qui lui étaient à nouveau librement disponibles. Ses dents semblent plus tranchantes, ses yeux plus bleus. En fait, la différence se trouve dans son travail. Non, Papa, laissez-moi, vous ne regretterez rien, je vous promets. 

Son père est mort. Tant pis. 

Mais après cette guerre, toute cette mort-là, il est impossible pour lui de perdre un dossier. Il a appris outre-mer une sorte de cruauté qu’il faut avoir pour réussir dans le domaine du droit immobilier. Paul a trouvé lui-même une belle femme, Stéphanie, qui est blonde et insipide et, nous pensons, ne lui pose aucun problème. Bien joué, Paul. L’argent, la femme, la vie. Tout ça. Pas le respect de la ville—on ne boit plus de l’eau et ne mange plus les pommes de terre—et il y aura toujours la petite difficulté avec ce bras droit, mais bon, tant pis.

Paul me donnait des coups de poing au lycée, d’habitude le jeudi, entre les cours de biologie et d’histoire. On oublie ce type de truc. De toute façon, il manque le bras droit à Paul, et malgré la guerre et les énormes muscles bronzés, je pourrais le battre dans un combat qui aurait été équitable s’il avait eu ses deux bras. En plus, on a de la peine pour Paul, le pauvre homme, donc ce n’est pas une grande injustice qu’il m’ait frappé au lycée. La vie le frappe. Tant pis. 

Il est vrai que les bonnes choses arrivent aux mauvaises personnes, mais il est aussi vrai que les mauvaises choses arrivent aux mauvaises personnes, comme moi. Je conserve les deux bras, mais je n’ai pas épousé une jolie femme ou quelque chose comme ça. Je travaille, mais je n’ai jamais causé un grave désastre écologique, et je ne suis jamais devenu le meilleur avocat dans un rayon de 500 miles. Tant pis. 

Un vendredi de mai, je dépasse Paul dans la rue. Il paraît avoir sanglé un bâton à son coude droit, cachant tout l’appareil sous la manche de sa chemise. Il est en colère, à cause de je ne sais quoi. Stéphanie marche trois ou quatre pas derrière lui, son regard fixé sur le trottoir. En quittant son appartement, un jeune homme traverse l’espace honteux entre le couple malheureux. Sous le soleil du printemps, on peut voir la beauté sur le visage de Paul, la beauté sous la cicatrice de guerre et la maigreur persistante de ses joues.

Je ne le vois plus jamais. Rien ne change dans la ville, et on s’en fiche, et c’est ça. Tant pis.

Écriture créative : Description précise (2/5)

Choisir un paysage ou un lieu, fréquenté actuellement ou pris en photo, et le décrire le plus précisément possible

Par Reid Schuncke

C’est ma période favorite de l’année : le printemps. Le soleil est faible, mais ses rayons font encore scintiller l’eau. L’air est frais, et il sent comme la pluie – je vois les petites flaques d’eau dans la terre vaseuse. Les grands roseaux se balancent dans le vent gentil. Je trouve ce petit lieu par un chemin qui n’a pas été taillé, proche de la maison de mon premier petit ami.
Je m’assois sur un quai ancien de bois. Un petit canot est attaché au quai, et il flotte sur l’eau. J’imagine qu’il était beau il y a 20 ans, quand il était libre de voyager sur le grand fleuve. Chaque fois que je le vois, il est dans la même position, attaché au quai.
J’enlève mes chaussures et je trempe mes doigts de pieds dans l’eau. Le fleuve est vert et marron, à cause de la pollution, mais de loin il est bleu comme le ciel. Je vois les algues qui veulent me saisir, leurs bras verts se balançant dans l’eau. Les vairons foncent dans l’eau, autour des algues et de mes doigts de pieds.
La berge opposée est couverte de forêts, les feuilles abritent de petites maisons aux toits rouge et brun. Les grands voiliers flottent sur un grand quai, et les hauts escaliers connectent ces petites maisons à leurs bateaux. Mon voilier favori s’appelle Marguerite. Il est vert et blanc, et son nom est écrit en lettres cursives d’or sur son côté. Il est tranquille, ici, mais de loin je vois une famille sur un canot à moteur, et le bateau fait des petites vagues qui touchent mes pieds, Marguerite, et les autres êtres qui apprécient le fleuve aujourd’hui.
Je m’allonge sur le quai, le bois éclaté dans mon dos. Maintenant, le ciel est couvert, et j’essaye de trouver des formes dans les nuages. Un chat, une grenouille, le visage de mon grand-père. Je pourrais rester ici longtemps, mais je vais partir quand des grillons commenceront à chanter.

 

Par Lindsey Solo

La petite chatte noire s’était roulée en boule. Son nez était niché dans les poils soyeux de sa queue. Si on plissait les yeux, on voyait un cratère dans le fauteuil en cuir et deux petites moustaches blanches flottantes. C’était de la sorcellerie.
C’est facile d’imaginer que ce cratère noir est vraiment un portail qui mène à un monde fantasmatique : plus on le regarde, plus on chute. La couleur du trône de la chatte est un bronze royal, vieux mais vif exactement comme la petite chatte noire. Les ombres créées par les crevasses du fauteuil cassent la juxtaposition de la couleur. Elle dort lourdement. Il serait plus facile de bouger le fauteuil que la chatte. Elle est coincée entre les lignes du coussin, mais c’est bien connu que les chats aiment être en boîte. Le coussin du fauteuil est gravé à la forme de son corps. Chaque fois qu’elle abandonne son trône, son impression réserve sa place, la gardant attentivement.
Son essence pénètre le cuir. L’accoudoir est orné d’éraflures, des sortes de cicatrices de combat. Elles donnent au fauteuil une texture d’éclaboussure : l’évidence d’un crime passionnel. Un bien aimé se transforme en un bien utilisé jusqu’à ce qu’il y ait besoin qu’on le remplace par quelque chose de nouveau. Une simple photo d’une chatte dans un fauteuil. En regardant, je me détends un peu. Ce doit être confortable d’avoir un amour comme ça.

Écriture créative F23 : un trajet ordinaire (1/5)

Raconter un trajet ordinaire que vous connaissez bien. Pour aller au lycée, à l’université, chez un ami, un parent, etc. Soyez le plus précis possible, à chaque étape de ce trajet.

Par Tremaine Dawson

Je descends de la ligne 4 et monte l’escalier à l’extérieur. Les personnes sont partout. Les coiffeurs et les coiffeuses, les habitués, et aussi les hommes d’affaires qui veulent vendre leurs produits. Je suis quelqu’un à la boutique pour chercher quel type de produits ils ont et aussi pour voir leur salon. Pendant la marche, je remarque que les boutiques se mélangent avec les appartements dans la rue. Les salons pour faire des cheveux, les banques, les boutiques pour la nourriture, les restaurants avec leurs odeurs spécifiques remplissent le premier étage. Les deuxièmes, troisièmes, et les autres étages ont leur propres fenêtres et un petit peu d’espace pour un balcon. Blanc, beige, marron ont coloré les murs des appartements. Aussi, une chose très intéressante pour moi, ce sont les ruelles entre les bâtiments qui révèlent encore plus de boutiques, des magasins, et des maisons. L’art du graffiti aussi remplit les murs qui n’ont pas beaucoup de couleurs. On peut voir des excréments de chiens partout dans la rue. Il y a des personnes qui passent vivre leur propre vie. Ils parlent dans les portables, parlent à quelqu’un d’autre, écoutent de la musique, ou simplement marchent vers leur destination. La circulation et le mouvement des voitures sont présents. N’oubliez pas que les vélos et les motos vont en même temps que les voitures. La bruit emplit l’air mais c’est pas un problème. Je suppose. J’espère.

 

Par Braeden Ingram

Voici les « escaliers du paradis », cachés dans le 12ème arrondissement. Ils s’appellent la rue Jacques Hillairet, les escaliers qui mènent quelqu’un de la Rue Montgallet au Jardin de Reuilly-Paul Pernin. Ces escaliers sont protégés par des murs des deux côtés. À côté du panneau qui vous dit que c’est rue Jacques Hillairet en bas il y a une des œuvres d’Invader, le graffeur célèbre. Cette œuvre est une étoile avec des yeux. Quand on commence à descendre les escaliers, on voit à gauche un grand mur, au sommet duquel il y a un petit balcon. Ce mur divise les escaliers et une coulée verte qui a remplacé un vieux chemin de fer dans les années 1990. Entre les escaliers et le mur à gauche il y a un espace d’un mètre et demi de large au sommet de tous les escaliers pour les plantes. Plusieurs vignes tombent du sommet du mur, et les plants qui poussent en bas sont envahis, mais d’une façon qui est belle. Quand on voit les escaliers en bas, on voit un escalier divisé en deux par des rampes et des lampadaires. Les rampes sont d’environ un mètre de haut. Entre chaque garde-corps il y a une lampadaire, cinq au total. Les lampadaires sont grands, et la tête pour la lumière est un cône blanc qui repose sur le dessus. Les escaliers ont quatre parties avec de petites plates-formes entre elles, avec un total de 60 marches. Cela signifie quinze par section d’escalier. À droite des escaliers, le mur est plus gros que le mur à gauche, et le mur est séparé en grandes étapes. Chaque étape est comme un petit jardin pour des plantes différentes. Comme les plantes à gauche, les plantes à droite sont envahies, mais c’est intentionnel, un style de jardinage conçu pour rendre l’espace plus naturel. Quand on atteint le haut de l’escalier on se retrouve dans le jardin, entièrement séparé de la rue ci-dessous.

Introduction : l’atelier d’écriture créative

Dans les prochains posts, vous pourrez lire les productions littéraires des étudiant·e·s de l’atelier d’écriture créative du programme d’automne 2023. Mené par Alexis Weinberg, cet atelier s’est déroulé sur 6 semaines et a été un moment d’échange créatif et fructueux ! Le travail des étudiant·e·s est introduit ici par leur enseignant.

Déjà la troisième édition de l’atelier d’écriture créative du VWPP !
Bravo à Braeden, Claire, Lindsey, Reid et Tremaine pour leur travail !
Voici dix textes – deux par participant.e – extraits de nos six séances d’atelier, retenus pour cette publication.
Ces textes sont publiés tels qu’ils ont été rédigés puis lus à haute voix pendant l’atelier. Seule la correction grammaticale a pu être retravaillée après coup. Subsistent ici et là quelques petites maladresses linguistiques qui ne portent pas atteinte à la compréhension : elles sont la marque d’un effort authentique et personnel d’expression en français.
Ajoutons que ce semestre, la sortie à la Maison de la poésie fut l’occasion d’écouter Marielle
Macé dire des extraits de son bel essai Respire, accompagnée par le musicien Mahut.
Un grand merci au consortium VWPP de me renouveler sa confiance, avec mes plus
chaleureuses salutations à Anne Brancky, Hannah Gersten, Sophie Kolesnikov et Divine
Bakumusu.

Alexis Weinberg