Un week-end dans le Sud de la France

Pour mon prochain voyage, je prévois de passer par plusieurs endroits en France et au Maroc. En France, je vais visiter Nice, Menton et Èze. À Nice, j’aimerais me promener sur la Promenade des Anglais, visiter le Vieux Nice et entrer au musée Matisse. Ce sera l’occasion de voir comment la ville mélange le côté touristique avec la vie locale. Je pense aussi profiter simplement de l’ambiance en bord de mer.

À Menton, qui est tout près de la frontière italienne, je voudrais voir les jardins connus comme le Jardin Serre de la Madone. Je compte aussi me balader dans la vieille ville pour observer l’architecture et ressentir l’influence italienne qui paraît assez présente. Ce sera sûrement plus calme que Nice, ce qui me permettra de voir un autre visage du sud de la France.

Èze est un petit village en hauteur. Je veux y aller surtout pour la vue sur la mer et pour visiter le Jardin Exotique. C’est un endroit dont on m’a beaucoup parlé, alors je suis curieux de découvrir par moi-même l’atmosphère d’un village médiéval perché.

Ensuite, je partirai au Maroc. Je prévois de visiter des médinas, des marchés locaux et des sites historiques. Je veux surtout voir comment se passe la vie quotidienne là-bas. Je pense que ce sera très différent de l’Europe du Sud, et que je pourrai apprendre beaucoup sur la culture locale, les habitudes et les traditions.

En résumé, ce voyage est pour moi une façon de découvrir des lieux variés, de comparer les ambiances et de mieux comprendre comment chaque endroit exprime son identité.

Par Fang YANG, VWPP Printemps 2025

Comment survivre les « DST » (devoir sur table)

Tout allait bien à Paris. Mes cours à la fac devenaient plus faciles, et je devenais plus confortable à Paris. Mais après un moi, ma professeure nous a parlé de deux dates importantes pour le cours. Elle a dit que c’était pour un « DST ». Je ne savais pas ce que ça voulait dire.  

Heureusement, j’ai utilisé la brochure académique du VWPP pour chercher ce que voulait dire l’acronyme. Malheureusement, DST est l’acronyme pour « devoir sur table ». Ça veut dire un devoir à faire en cours. Ce n’était pas du tout comme les devoirs auxquels je m’attendais. Je pensais que je pourrais les faire avec mon tuteur et les réviser plusieurs fois.

Mes cours de philo en L2 (Licence 2, ou deuxième année) ont chacun deux DST pendant le semestre. Donc j’ai eu un peu d’entraînement. Voici mes meilleurs conseils pour les réussir :

  1. Apportez votre propre papier

Apportez vos propres feuilles pour écrire et rendre votre travail ! Elles ne sont pas fournies par le professeur.

  1. Connaissez la structure de votre DST en avance 

Tous les DST ne sont pas les mêmes. Assurez-vous d’assister aux ateliers de VWPP sur le commentaire composé et la dissertation. En philosophie, la méthode était explication de texte. 

  1. Assurez-vous de lire les textes

Vous avez plus de chance de perdre de points en cas de mauvaise compréhension. Même si votre français est mauvais ou pas précis, vous aurez probablement au moins un 10/20 si vous comprenez les textes et concepts que vous étudiez. Cela signifie que vous devez passer du temps avec le text duquel s’agit votre DST.

  1. Étudiez le vocabulaire en préparation pour les sujets et les passages

Si vous ne connaissait pas le vocab d’un auteur ou votre prof, c’est plus facile de mal comprendre la question ou l’extrait. 

  1. Étudiez les structures de phrases pour chaque partie pour faciliter l’écriture
  2. Prenez le temps de faire un plan (même partialement en anglais) avant commencer d’écrire
  3. Ne soyez pas obsédé par l’idée de finir

Vous n’allez pas pouvoir atteindre le même niveau de langage que les étudiants français. Assurez-vous de pouvoir terminer vos idées principales en ‘bullet points’. C’est préférable de le faire plutôt qu’omettre un paragraphe ou une section. 

Écriture créative S25 (3/3)

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Un événement historique (ici le confinement) raconté au plus près du vécu, en écho à ses lectures de l’époque.

  • Par Maya Yanowitch

Je tombe amoureuse pour la première fois en 2020. C’est parce que j’achète un livre de poésie avant que la librairie ferme pour deux ans. C’est un anthologie de Louise Glück. 400 pages. L’école ferme après la première partie du livre alors j’ai du temps pour lire, pour comprendre mon amant, la poésie. Je vois que la poésie n’est pas juste pour les vieux hommes. Je ne respire pas l’air frais de toute la deuxième partie du livre. Central Park est une morgue en troisième partie et pendant la dernière partie j’ai une piqure dans mon bras et c’est difficile de tourner les pages. J’adore la littérature depuis toujours. J’aime la poésie particulièrement parce qu’elle est fragmentée comme la tête, comme les émotions que les phrases formées ne peuvent pas attraper. Mais je lis ce livre et tous les mots sont des mots que j’aurais souhaité exprimer moi–même, mots qui capturent un morceau de ma tête sans avoir vécu là. Et il est difficile de comprendre cette universalité rhétorique, quand le monde est sur un écran, quand trois millions de morts ne disent rien parce que je n’ai jamais vu trois millions personnes. Pour moi, ce livre, cette poésie est une forme de connexion dans une vie déconnectée. C’est la première fois que je découvre une phrase ou le cerveau d’un autre. En vérité, je ne connais pas Louise Glück. Je n’ai pas besoin de connaître Louise Glück. Je trouve que dans la poésie les mots abandonnent leur créatrice et prennent un corps vivant, respirant. C’est une idée controversée mais je crois que l’écriture est un acte de donner, pas de montrer puis reprendre. Il y a un élément contagieux dans l’écriture, ironiquement. 

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Texte écrit en classe sous contrainte de mots imposés (choisis par les participant.e.s)

  • Par Julia Fedoruk

Will et moi sommes arrivés fatigués au jardin de Versailles. Les rayons du soleil chaud piquaient nos dos comme des ananas dans la bouche. Soudainement, nous avons vu un paradis apparaître devant nous. Des tunnels d’arbres qui s’arquaient les uns vers les autres, créant des passages secrets, un labyrinthe d’ombre. Nous nous sommes précipités, presque sautant vers l’abri du soleil, comme les rats ont dû faire à la fin de l’âge des dinosaures. L’ombre collante nous a soudainement entourés et nous nous sommes sentis transportés au siècle du roi Louis XIV. Nous imaginions la jeune reine Marie-Thérèse en train de marcher dans ses passages, chuchotant des secrets de cours avec sa belle-mère et mentor Anne d’Autriche pendant que sa fille Anne-Élisabeth s’accroupissait au bord des arbres pour chercher sa poupée qui était tombée par terre. Toutes sortes d’hommes et de femmes de la cour, dans leurs grands vêtements étouffants, couverts de bijoux précieux, rubis, turquoise, ambre, ont dû chercher l’abri et l’intimité dans cet abri avec un sentiment un peu magique. Nous avons erré pendant longtemps, tous les deux perdus dans nos pensées.

Écriture créative S25 (2/3)

Texte inspiré par l’incipit…

….d’A la recherche du temps perdu

  • Par Julia Fedoruk

J’ai les vendredis après-midi libres, mais ça ne veut pas dire que je peux en faire ce que je veux – c’était une leçon que j’ai apprise un vendredi il y a plusieurs mois. J’étais seule dans un brouillard interne, le monde de mes pensées limité par des nuages gris statiques, essayant avec une force de moins en moins présente de guider mes yeux vers la ville de Paris sous moi. Je montais sur un escalator dans une tube comme les tubes qu’on met dans les habitations de hamster – on dit que ces tubes ne sont pas vraiment bien pour la santé des hamsters ; au lieu de trouver un peu d’exercice, ils courent jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus, amenés par l’anxiété. Je pensais peut-être que j’étais capable de courir comme cela sans arrêter, que c’était attendu par une force plus grande que moi ; je ne sais pas comment l’appeler, peut-être le désir, l’espoir, sinon la peur, l’ambition. Je suis arrivée à l’étage. À la fin de mes forces, je courais encore, ou bien, je continuais de rester debout, je suis sortie, j’ai fait la queue, on m’a demandé de mettre mon sac à dos dans le vestiaire, j’ai trouvé le vestiaire, j’ai mis mon sac dedans, j’ai écrit le code dans mon cahier, j’ai trouvé la première galerie, j’ai essayé de faire marcher le guide IA, cela n’a pas marché, et maintenant j’étais là, debout, essayant de focaliser mes yeux sur un placard avec le texte petit, trop petit, en français. Les mots se croisaient comme une pelote de laine nouée au point d’être inutilisable, je n’arrivais pas d’atteindre un niveau de compréhension le plus simple avec une langue normalement familière ; je me suis sentie flottant de plus en plus haut, bienvenue dans les nuages de mon monde interne, ma conscience s’est mise à se reposer doucement derrière mes yeux, tout à coup mes jambes sont devenues légères, comme si quelqu’un d’autre marchait dans mon corps, et j’ai flotté de galerie en galerie, toutes les couleurs, toutes les textures se mélangeant sans ordre.

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Une promenade à Paris 

  • Par Amelia Larson

Les Sentiments d’un Portable Perdu

J’ai perdu mon portable. Je marche. J’adresse un geste à la main à l’accueil. Je quitte l’université. Je marche. J’ai perdu mon iphone. J’ai perdu mes Airpods. Je marche. Je regarde la rue, le béton. Je ne regarde pas mon portable. J’ai l’envie de bousculer ma propre tête dans les toilettes. 

Je marche. Je regarde. J’écris. Dans mon cahier rouge avec mon gros stylo. 

Les gens autour de moi portent des sandales (des slides, en particulier). Une femme, en sandales, a des tatouages qui entourent son pied, ses doigts de pied. Même ses ongles de doigts de pied sont tatoués. 

Je sors du métro. Je ne me baigne pas la tête dans les toilettes. J’inspire profondément. Une femme, qui marche dans l’autre sens, laisse échapper un cri. Non, pas un cri. Elle pleure. Non, elle fait semblant de pleurer. Des larmes fortes et fausses. Je compatis. Je ne pleure pas. Je marche. Je ne crie pas. J’écris. 

Le mec devant moi porte un oreiller sur le cou. Il est tropical, turquoise avec des frondes d’un palmier. Un bébé nous dépasse sur une trottinette. Puis un adulte. Une armée d’adultes sur trottinettes. 

Un homme passe sur un vélo, le siège du bébé vide en arrière. Derrière lui, il y a un enfant dans une cage arrière d’un autre vélo. Il garde ses genoux sous des rampes. Un bébé passe dans sa poussette. Un grand enfant s’assied sur la batterie du vélo électrique d’une femme. 

Il y a plusieurs lesbiennes au bar lesbien. C’est normal pour un bar lesbien, mais pas pour un bar. Il n’y a pas de bébés lesbiens aujourd’hui.

Quelqu’un marche et écrit en même temps. Son stylo est comiquement gros et jaune, comme dans un dessin. C’est moi.

Sur le sac à poubelles d’un resto chinois, il y a un dessin d’un sac à poubelles qui me fait le symbole de la paix. Les léopards sur les murs regardent les poubelles d’un air affamé. La paix sera jetée.

Un homme me dépasse avec un portable dans chaque main. Donne-les-moi ! Il dit non. Qu’un seul, peut-être ! Non encore.

“Natures Wailing” gémit le t-shirt du prochain mec. Les oiseaux ne chantent pas à 18h. Ils ne chantent qu’au lever du soleil quand je prends le premier métro. 

Je sens un barbecue dans l’air. Je voudrais deux portables et un barbecue. Les léopards me regardent. Ils veulent aussi un barbecue. 

Les meilleurs parcs parisiens

Pendant ce semestre à Paris avec VWPP, j’ai passé une grande partie de temps courir, lire, explorer et profiter la nature aux parcs. Je pense que Paris aux plus beaux parcs de n’importe quelle ville. Donc, voici mes cinquièmes parcs préférés à Paris.

  1. Jardins du Luxembourg – Mon parc préféré. Il y a diversité des ambiances et activités : les fontaines auxquelles les enfants jouent, les chaises pour lire ou discuter, les courts de tennis gratuits et les chemins pour courir. J’adore les fleurs et les grands arbres partout le parc. Sa position dans le 6ᵉ arrondissement, est centrale de la ville et proche de Reid Hall, le rend très accessible. 
  2. Parcs des Buttes-Chaumont – Les grands espaces verts et l’ambiance agréable créent le lieu parfait pour un pique-nique. Les collines autour du parc créent une vue claire du corps de l’eau et une cascade, un pont suspendu et le temple au sommet d’une grande falaise. Malheureusement, sa position dans le 19e est moins pratique de Rive Gauche.
  3. Parc Montsouris – Situé dans le 14ᵉ arrondissement, il est animé toute l’année avec des coureurs, cyclistes, marcheurs et familles. J’aime ses étangs et les oiseaux là. Ce parc est petit, mais agréable, et il y a une classe de yoga pendant les weekends en été. 
  4. Les Jardins des Tuileries – Un voir absolument à Paris avec ces vues célèbres du Louvre et bordé par de beaux bâtiments haussmanniens. J’aime l’énergie de haut, mais cette zone est un peu trop touristique à mon avis.
  5. La Place de Vouges – Un coin charmant du Marais, parfait pour se reposer entre deux boutiques ou après un repas – c’est très proche au resto vraiment connu Carette. L’ambiance est calme et élégant avec ses fontaines. 

Pendant mes dernières semaines à Paris, j’espère encore visiter le Bois de Boulogne pour faire du bateau, le Bois de Vincennes pour découvrir le château et le Parc Monceau. 

Par Lucy GETZIN, VWPP Printemps 2025

Mon avis sur quelques espaces verts parisiens.

Jardin du Luxembourg : Oui, c’est à côté de Reid Hall. Oui, c’est joli. Est-ce que je l’adore ? Non. C’est plein à craquer de touristes. Ce qui m’énerve le plus, c’est qu’on n’a pas le droit de marcher sur la pelouse. Quelle règle draconienne. On dirait un vestige de l’ancien empire. C’est sympa de temps en temps, mais franchement, ça lasse. Adieu les lunettes roses.

Tuileries : C’est une version moins bien du Jardin du Luxembourg, soyons honnêtes. Certainement, c’est à côté du Louvre et de la rue de Rivoli. Mais en réalité, c’est juste un grand carré d’herbe. Et encore plus de touristes – des touristes partout.

Bois de Vincennes : Ce n’est pas vraiment une vraie forêt, comme son nom l’indique, mais c’est génial quand même. Le lac artificiel est meilleur que celui du bois de Boulogne, et on peut se balader sur les petites îles. C’est un endroit parfait pour faire du vélo et traîner entre amis.

Bois de Boulogne : C’est le Bois de Vincennes en moins bien. Désolé pour ceux qui habitent à l’ouest de Paris, mais on ne peut même pas marcher autour de la petite île sur le lac… Quelle tristesse.

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Buttes-Chaumont : Mon parc préféré. Je pourrais y aller tout le temps. Les collines et le lac central sont magnifiques. C’est le roi des parcs – avec en plus des vues incroyables. Franchement un incontournable.

Parc de Belleville : Le petit frère des Buttes-Chaumont. Il est sympa. Astuce : on y a une super vue sur certains monuments parisiens comme la tour Eiffel.

Parc Monceau : Un petit bijou. On peut s’asseoir sur la pelouse, ce qui est déjà incroyable. Il y a aussi beaucoup de familles et d’habitants du coin, donc c’est un peu plus calme et plus facile pour trouver une place. Si tu es au campus Malesherbes de la Sorbonne, c’est l’endroit parfait après les cours.

Parc Montsouris : Encore un super parc comme Buttes-Chaumont. Beaucoup d’étudiants de la Cité U s’y retrouvent, ainsi que pas mal de familles. Et là aussi, on peut s’asseoir sur l’herbe – un vrai luxe à Paris. Par contre, attention à la station RER B au crépuscule… on se croirait dans Hunger Games.

Par Brendan FOSTER, VWPP Printemps 2025

Des Fermiers hors du communs: ma famille d’accueil en WWOOFING

Stephano

Mon train a pris trois heures de retard à Austerlitz. En plus, j’étais malade les deux jours avant mon départ, et je me sentais un petit peu étourdi quand Stefano est venu me chercher à la Gare de Brive la Gaillard à 21h du soir. Il avait l’air décontracté et souriant et un petit peu dodu. Il était barbu et sa figure était encadrée par de longues boucles de cheveux noires et grises. Sur la route de son hameau de Fleygnac, on a échangé tous les deux nos expériences, ce qui nous a amené jusqu’en France, et puis jusqu’en Corrèze profonde. Comme moi, il parlait français avec un accent et toujours avec une certaine restreinte. Il m’a raconté de sa vie à Rome. Il était graphiste, mais il avait une appréciation des bons produits locaux, des bonnes pâtes, des bon vins, et du savoir-faire local. Il a donc décidé d’abandonner sa vie en ville pour devenir maraîcher. Il avait des oliviers. Ils sont morts dans les grandes gelées printanières de 2017.  Pas de problème pour un débrouillard comme lui. Il a réussi à trouver un contrat pour se lancer dans le CBD, devenu nouvellement légalisée en Italie. Quand le CBD est encore devenu illégal dans son pays, il a été ruiné. C’est là qu’il a rencontré Delphine, une jeune boulangère française à Rome…

Delphine

Delphine a grandi dans le petit hameau de Flaynac, élevant des vaches limousines avec son père. L’élevage lui avait appris l’importance de l’agriculture saine, et une appréciation pour le cercle de la vie des animaux. Elle avait fait un semestre ERASMUS en Italie avant d’obtenir son diplôme en histoire de l’art. À partir de là, elle est partie au Yémen sur un chantier pour restaurer la Mosquée historique de Taizz. Dans les années suivant les attentats du onze Septembre 2001, le Yémen était un bastion important pour l’Al Qaeda. Fraîchement arrivé, l’aéroport était rempli d’hommes portant les bandeaux du groupe terroriste. Dans cet environnement religieux, conservatrices, et au bord d’une guerre civile dévastatrice, elle a appris à reconnaître l’humanité des locaux. Elle est ensuite retournée à Rome avant de déménager à Fleygnac avec Stephano. Les Yéménites et les Romains qu’elle a rencontrés dans son parcours jusqu’aux terres de son enfance étaient chaleureux et ouverts d’esprit: d’après Delphine, c’est avant tout, ce qui compte dans la vie. 

Par Hugo REZNICK, VWPP Printemps 2025

Un week-end à Bordeaux

Du 11 au 13 avril, je suis parti à Bordeaux pour un petit voyage que j’attendais avec impatience.
Le trajet en train a duré environ deux heures, et dès mon arrivée, j’ai tout de suite remarqué
l’ambiance détendue de la ville, très différente de celle de Paris.
Je logeais à l’hôtel Radisson, un peu en dehors du centre historique, mais très confortable. Le soir de mon arrivée, j’ai fait une première promenade le long de la Garonne. L’air était doux et les quais étaient animés, remplis de joggeurs et de familles. J’ai terminé la soirée en admirant la Place de la Bourse et son célèbre miroir d’eau. La nuit, le reflet des bâtiments était vraiment magique.
Le lendemain, j’ai consacré la journée à explorer le centre-ville. Je me suis baladé dans le
quartier Saint-Pierre, avec ses petites rues pavées et ses terrasses pleines de monde. J’ai aussi goûté les fameux canelés bordelais, achetés dans une petite boutique recommandée par le libraire d’un coin de rue. Croustillants à l’extérieur et moelleux à l’intérieur, ils étaient délicieux.

La Cité du Vin Vue iconique du centre-ville de Bordeaux
L’après-midi, j’ai visité la Cité du Vin, qui est sans doute l’un des lieux les plus impressionnants de Bordeaux. L’exposition est très interactive : on peut sentir des arômes, écouter des histoires sur le vin du monde entier, et même participer à une dégustation (j’ai choisi du jus de raisin !).
Ce que j’ai préféré, c’est la terrasse panoramique d’où l’on peut admirer toute la ville. C’était un moment très paisible.
Le dernier jour, avant de repartir, je me suis arrêté dans un petit café de quartier pour un brunch simple mais délicieux. Le soleil filtrait à travers les branches, les voisins bavardaient
tranquillement et les passants allaient et venaient. C’était un moment parfait pour dire au revoir à la ville en douceur.
Ces trois jours m’ont vraiment permis de découvrir une autre facette de la France : plus calme, plus ensoleillée et très chaleureuse. J’aimerais beaucoup revenir un jour pour explorer davantage la région.

Par Fang YANG, VWPP Printemps 2025

Petites choses françaises arbitraires que je n’aurais jamais connues

Et ainsi commence le compte à rebours de dix jours avant que je dois faire le périlleux voyage une dernière fois vers CDG. Maintenant que mon séjour à Paris touche à sa fin, j’ai pensé qu’il serait sympa de préserver par écrit quelques petites choses que je n’aurais jamais connues si je n’avais pas choisi Paris – si je n’avais pas, un peu au hasard, décidé de prendre français en première année de lycée au lieu de l’espagnol. Il n’y a pas vraiment de logique dans les éléments que j’ai inclus dans cette liste, sauf que, sans aucun doute, mon semestre n’aurait pas été le même sans eux.

  1. Les dattes à la pâte d’amande

Mon hôte m’en a offert un après le dîner lors de ma première semaine à Paris. Je pensais que je n’aimais pas les dattes, mais j’avais tout faux. Le texture moelleuse de la datte mêlée à la douceur goût de la pâte rose crée un petit dessert parfait, surtout accompagné d’un peu de fromage et, peut-être, d’un café.

  1. Les joies d’une fenêtre ouverte

Une chose à savoir sur Paris, c’est que les immeubles sont anciens. Si une fenêtre reste fermée ne serait-ce qu’un jour, l’air devient immédiatement lourd. Au début, ouvrir ma fenêtre semblait être une corvée, surtout en plein hiver ou lorsque les chats s’approchaient un peu trop du bord. Mais peu à peu, j’ai appris à aimer cette ouverture sur la rue, cette brise aux odeurs variées, ces voix de couples et d’amis, les klaxons, le métro juste en face. J’aime l’idée d’avoir un petit morceau de la ville dans ma chambre, avec moi. 

  1. Les puces de Saint-Ouen

Je ferais n’importe quoi pour les puces de Saint-Ouen. N’importe quoi. La plupart des restaurants à proximité ne valent certainement pas le déplacement, mais lorsqu’on est entouré de médaillons anciens en argent, de cartes postales des années 1890, de meubles baroques et de boîtes de vraies dents humaines, il n’est plus nécessaire de penser à boire, manger ou même respirer. C’est mon endroit préféré au monde.

  1. L’expression sniff sniff

Je ne saurais expliquer la joie que j’ai ressentie quand mon hôte m’a appris l’expression sniff sniff. Malheureusement, je n’ai jamais entendu quelqu’un d’autre utiliser cette expression, mais je le dirai au moins une fois par jour. Employée pour exprimer la tristesse ou la compassion, elle sonne à la fois délicieusement sarcastique et merveilleusement empathique.

  1. Le coucher de soleil à 22h

Mon moment préféré de la journée c’est le une heure qui précède le coucher du soleil. Il y a quelque chose dans cette lumière douce, ce calme qui enveloppe la ville. Au printemps à Paris, il semble que ces soixante minutes s’étirent sur des heures entières. On ressent une sorte de tranquillité, une impression de temps infini, de possibilités sans fin, alors que l’horloge affiche 21h30 sans qu’une seule étoile ne soit encore visible dans le ciel.

Par Emma RAFF, VWPP Printemps 2025

Écriture créative S25 (1/3)

Récit inspiré du séjour parisien

  • Par Maya Yanowitch

Mon premier jour, ma première heure à Paris, j’ai vu une chèvre dans la rue. La chèvre était en dehors d’une fromagerie alors naturellement je pensais que les chèvres dans la rue, comme les fromageries étaient un phénomène pas existant à New York, mais normal à Paris. Quand j’ai découvert qu’il n’y avait pas normalement des chèvres à Paris, c’était triste pour moi. La chèvre, comme tous les animaux, les enfants, les adultes que je vois à Paris se comportait très bien. Paris est New York enveloppée avec précaution, lacée avec des métros propres, de la haute couture, pliée avec l’histoire, de la culture, et des vieilles fenêtres. New York est chaotique, bruyant animé melangé avec une vitesse qui en fait une ville qu’on ne peut pas dupliquer, quelque chose qui semble fait par accident, un produit impossible à reproduire. Si j’étais une chèvre dans le onzième, je crois que j’aurais eu une manière plus new yorkaise, plus rebelle que cette chèvre douce. C’est vrai, malheureusement que je n’ai plus vu de chèvre après ce moment. Mais je n’ai pas vu de Taco Bell, ni de métros coincés, ni d’enfants en train de pleurer, ni de chiens en train de crier, d’adultes en train de parler fort, ni de personnes dans leurs pyjamas. Alors j’attends patiemment une autre chèvre sur la rue Oberkampf. Parce que Paris n’est pas New York où les chèvres sont des animaux mythiques, parce que je n’ai jamais vu une chèvre sur Broadway. 

C’est une chèvre en face de moi. Une chèvre à Paris, une étrangère comme moi, je suppose. C’est une chèvre et une fromagerie et je crois que je ne suis plus à New York maintenant parce que je n’ai jamais vu une chèvre et un métro en même temps, ni une fromagerie dans ma vie. C’est une étrangère comme moi, cette chèvre, non, c’est une chèvre française, une chèvre qui reste tranquille, reste dans la rue comme si elle était une partie de la rue, une partie de Paris, pas comme moi. Moi je ne reste nulle part depuis trop longtemps. Je suis de New York, je ne dors jamais, toujours en train de bouger. Je le devine parce que je suis à Paris maintenant avec une fromagerie et une chèvre, avec des inconnues et une valise dans mes mains et de la fatigue dans mes yeux. La chèvre, comme Paris, reste debout, sans sourire, sans porter de vêtements bizarres comme à New York (pourquoi nous sommes toujours habillés comme ça, je ne sais pas), la chèvre est plus parisienne que moi. Et moi je suis debout dans ma rue, pas encore ma rue, mais ce qui deviendra ma rue et je vois la chèvre et je pense qu’elle est plus parisienne que moi, et je suis jalouse. Quand je pense à Paris, quand je pense à cette version de New York lacée fermement, ce New York qui résiste à l’existence chaotique, ce New York plus vieux. Je pense à la chèvre parisienne, l’autre étrangère que j’ai remplacée. Maintenant, oui, à ce moment, j’attends patiemment une autre chèvre sur la rue Oberkampf. Je n’ai jamais vu une chèvre sur Broadway. 

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Texte inspiré par l’incipit…

…du Ravissement de Lol V. Stein

  • Par Amelia Larson

C’est Moi, la Princesse

Je ne suis pas seule. Il y a plein de monde dans la salle, même Ali à côté de moi et des gens qui attendent devant la porte. Je suis dans ma tête. Les mots qui viennent de ma bouche ne sont pas à moi. Ils sont d’une Française timide et féminine. Mes paumes glissent. J’essaie de les sécher sur ma robe. 

Qu’elle est belle, cette robe ! Sa jupe tournoie comme une vague de soie, comme le tutu d’une princesse enfant. C’était le plus grand achat de vêtements que j’ai jamais fait avec mon propre argent. Cent dollars pour une robe des années 40s/50s dans un magasin vintage à Nashville où je suis passée par hasard en partant de la ville. Encore plus chère après que je l’ai apportée au tailleur sur la rue de la Jonquière. Je ne l’ai jamais portée toute une journée. 

Les mains se présentent à moi. J’inspire en regardant l’âge reflété dans le visage de mon nouveau partenaire et choisissant entre “Salut !” et “Bonsoir !”. 

Au centre, Camille porte une robe jaune clair, assez légère pour faire de bons tours. C’est novembre, mais la salle anticipe la quai Saint-Bernard au printemps. Nous tournons vers elle qui explique nos prochains pas. 

La musique commence. “Ex’s and Oh’s” d’Elle King. J’expire. Je rigole. Je suis encore moi-même dans ma tête. Je fais un petit sourire à mon partenaire. Il sent les clopes rassises. Il porte que du noir. Ses cheveux se plaquent en arrière. Il sourit largement.  

–J’ai voulu danser avec la fille à la belle robe. 

Il saisit ma main. Je rougis. Nous tourbillonnons ensemble.

Mon prochain partenaire, la femme en jeans rapiécés. Elle vient chaque semaine avec son sourire maladroit et la robe rouge dans laquelle elle se change pour la période de danse libre. J’apprécie une femme qui fait les deux parties de cette danse de rock qui est trop genrée. 

Moi, je reste follow. Je trébuche.

Je ne suis pas la fémininité française. J’ai surpris Élise, la vraie femme française, avec la déclaration que le rock est genré. Je veux danser du rythme sans règles. Mais surtout, je veux que mon tutu de princesse se déploie devant moi. 

Je fais des bêtises avec Ali. On danse ensemble en échangeant entre lead et follow complètement au hasard. J’attends son prochain pas. Nos bras deviennent le bazar. L’homme en noir demande encore une danse libre. J’accepte. Je bouche mon nez. 

Au bout du compte, je me fais tourner sans partenaire. Ma jupe remonte presque aux hanches. Je regarde les motifs de la dentelle pervenche qui s’emmêlent autour de moi.