Antibes : Mes premières vacances toute seule

Quand je suis arrivée à Paris, la première chose que je voulais faire était un voyage par moi-même. En général, je suis allée dans différents endroits avec ma famille ou mes amis. Je pense que j’ai besoin de temps pour être plus autonome et pour me reposer et rencontrer d’autres personnes.. Je suis restée à Antibes pendant trois jours et je suis allée sur la plage pour me reposer et j’ai aussi découvert la ville. Mon premier jour là- bas , je suis allée à la plage toute seule. La mer était bleu clair et magnifique. J’ai acheté un socca au marché pour déjeuner et après ça, j’ai utilisé un vélo Lime pour aller à la plage. Un socca est un snack d’Antibes qui est fait avec des pois chiche et du sel avec l’huile d’olive. Après un chemin difficile et fatigant, j’ai vu la mer. Pendant ce moment, j’ai senti une profonde reconnaissance.

Je suis partie pour Antibes pour un exercice sur l’art d’apprendre à être seul. Le lendemain, j’ai essayé de trouver le marché de puces à Antibes, mais je me suis perdue, et pendant longtemps j’ai juste marché dans la ville et j’ai visité une petite cathédrale. J’ai passé du temps dans la cathédrale, et comme je l’avais fait a la plage j’ai réfléchi à mon temps à Paris et à ma vie en général. L’église sentait comme un mélange de métal et de parfum des bougies. Je suis restée dans une auberge qui héberge principalement les gens qui cherchent du travail sur les bateaux. Quand j’ai parlé avec ma colocataire elle a dit que j’avais de la chance parce que j’étudie à Paris. Malgré que j’étais seule, son commentaire m’a fait prendre conscience de la chance que j’avais de passer un semestre à l’étranger. Je mange seule, je fais des choses touristiques seule et j’ai découvert une capacité de passer du temps seule grâce à ce voyage. J’avais peur de me sentir seule mais après je pense que j’ai développé une nouvelle appréciation pour mon indépendance.

Par Bianca NIYONZIMA, VWPP Automne 2025

L’expérience de stage de Hannah

Le 8 décembre, j’ai eu l’opportunité de faire un stage d’enseignement d l’anglais, qui était une expérience très significative pour moi. L’Espace Canopy est une association qui a notamment une galerie d’art, mais qui a comme engagement de donner accès à la culture pour tous en tant que Relais Du Champ Social. Cela signifie que les membres de l’association vont chercher des façons de créer des liens entre tous les habitants du quartier, notamment les plus fragiles et les personnes âgées. Elle est située dans le 18e arrondissement, dans un quartier plutôt populaire. Il y a plusieurs ateliers qui ont lieu dans cette association, et j’ai assisté à l’un de ces ateliers pour les personnes âgées que l’association appelle les seniors : l’atelier de conversation anglaise. Dans cet atelier, chaque séance a une thématique particulière, et les seniors de l’atelier ont l’opportunité d’apprendre du vocabulaire lié à la thématique, ainsi que pratiquer la prononciation et avoir des conversations en groupe. Chaque séance termine avec une chanson que nous chantons ensemble.

L'entrée de l'espace Canopy dans une rue parisienne. La devanture est vitrée, la peinture verte s'écaille. Un kakemono joyeux et coloré accueille les visiteurs.

Comme la directrice de l’atelier était absente le jour de l’atelier, la directrice-adjointe de notre programme, moi, et une autre personne, nous avons préparé la leçon qui était liée au sujet « The Wild, Wild West ». La semaine avant l’atelier, nous nous sommes retrouvées pour préparer toute la leçon, et nous avons réparti les tâches pour la présentation de l’atelier. Au début de l’atelier nous avons discuté un peu de l’histoire de cette époque et de cette région, en expliquant que le terme « Wild West » faisait référence à la « frontière » américaine vers la deuxième moitié du 19e siècle. Nous avons expliqué aussi l’histoire des cowboys et le rôle des films et des livres dans la formation de la compréhension populaire de cette époque. Après nous avons passé au vocabulaire anglais dans le passage que nous avons lu, ainsi que les mots peut-être difficiles à prononcer pour les francophones comme « frontier », « ranch », et « cowboy ». Puis, nous avons séparé le groupe de 10 personnes en petits groupes de 2 ou 3 personnes pour faire un dialogue, chaque petit groupe avec une locutrice native d’anglais. J’étais avec deux femmes, et nous avons lu un dialogue court sur une confrontation entre un cowboy et un shérif. Après avoir terminé le dialogue, notre conversation s’est progressivement orientée vers nos vies et histoires personnelles. J’ai parlé de mes études, et les deux femmes ont parlé de leurs expériences de voyage dans d’autres pays en Europe. Finalement, nous avons conclu la séance en chantant Home on the Range.

J’ai trouvé que cette opportunité était une très bonne expérience pour moi. L’opportunité d’utiliser mon anglais et mon français en parallèle m’a montré à quel point être multilingue est utile est un point de connexion avec les autres. Honnêtement, j’aurais aimé y participer plus tôt parce que les conversations que j’ai eu, ainsi que le fait que je suis capable d’enseigner une leçon de cette manière étaient très significatives. Ça me fait penser aux opportunités de faire des choses similaires dans le futur comme des services bénévoles. Je trouve que cette opportunité m’a permis de mieux comprendre ce que je pouvais potentiellement faire dans ma vie, et je pense que travailler avec des langues pourrait être très gratifiant pour moi.

Par Hannah TSUKAMOTO, VWPP Automne 2025

Mes cinq recommandations pour choses à faire à Paris

Visitez les musées
Le Musée D’Orsay est mon musée préféré et j’ai visité plusieurs fois; chaque fois, j’ai découvert l’art magnifique. Le cinquième étage est génial avec les peintures impressionnistes par les grands artistes comme Van Gogh, Monet, Degas, et plus. Mais, aussi, le Musée de l’Orangerie est remarquable; j’ai récemment visité et j’étais impressionnée par l’exposition sur Berthe Weill, une galeriste progressive qui attirait l’attention sur les artistes comme Picasso et Modigliani avant leur célébrité. Et bien sûr, le Louvre est formidable!

Assoyez à côté de la Seine pendant la nuit
De nuit, la Seine est éblouissante, réfléchissant toutes les lumières de la ville. C’est très tranquille à asseoir là, particulièrement avec quelques amis et une bouteille de vin.

Explorez les parcs
C’est facile d’oublier les parcs quand il y a beaucoup d’autres endroits à voir, mais les parcs de Paris valent vraiment une visite. J’adore le Bois de Vincennes. Malgré le fait qu’il est loin du centre de Paris, c’est juste un lieu très grand et joli, un emplacement parfait à courir ou à promener. J’aime bien courir là!

Voir un spectacle en français
Je suis allée voir une pièce de théâtre, Les Justes, au Théâtre de Poche dans le quartier de Montparnasse. C’était un théâtre intime et les acteurs étaient très proches des spectateurs qui faisaient l’expérience captivante. C’est intéressant de comparer les spectacles français avec les spectacles anglais. J’ai lu la pièce de théâtre avant de regarder le spectacle qui a aidé beaucoup ma compréhension comme le dialogue était très rapide.


Avez un pique-nique devant la tour Eiffel

Une photo de la Tour Eiffel et des pelouses du Champs de Mars. Le ciel est bleu, c'est une belle journée pour un pique nique.
Quand il fait chaud, les pelouses devant la tour Eiffel sont un endroit parfait pour partager une baguette et du fromage avec vos amis. C’est une activité touristique mais c’est aussi vraiment agréable. Si vous attendez la tombée de la nuit, vous pouvez voir le spectacle des lumières de la tour Eiffel.

Par Kate POWELL, VWPP Automne 2025

Mon expérience de travail dans une café parisien 

J’ai commencé à travailler chez Noir Coffee en septembre, au début de mon séjour en France. Noir est une grande entreprise de café parisienne avec vingt-trois emplacements autour de Paris. Je travaille à Saint Germain, un beau petit quartier dans le septième, juste vingt minutes de Reid Hall sur la ligne douze. J’étais embauché pour prendre les commandes et faire la vaisselle afin d’aider les baristas pendant la rush d’après-midi, mais j’ai appris beaucoup plus par travailler avec les baristas tous les jours. Avant travailler chez Noir, je n’ai aucune idée de la finesse et l’expertise dont a besoin de faire la bonne tasse de café. Ça commence avec les moulins, qui sont définis sur un paramètre spécifique pour faire la bonne taille du café après les grains sont broyés. Après le café est dans la portafilter et pressé à plat, c’est mis dans la machine afin d’en quantité spécifique de l’eau peut passer. La barista doit décider combien de temps cela prend pour l’eau de passer pour créer le meilleur goût. Après on a le shot d’espresso, on fait le lait. Il y a différentes quantités de lait et de mousse qui sont nécessaires pour les boissons différentes, et ils sont faits de différentes façons. Pour un café latté, on met la tête de la baguette fumante ¾ dans le pitcher du lait, directement au centre, et penche un peu à gauche ou à droite. Pour le premier quelques secondes, la [steaming wand] reste près de la surface du lait, mais après on la met plus loin dans le lait pour faire le processus du texturing. Après on a le lait et l’espresso, on verse de créer une désigné au-dessus de la boisson. Je n’ai pas encore gagner un matrice avec le latte art, mais en bas est un cadre de mon progrès jusqu’à maintenant.

Une tasse de café au lait avec un design de latte art en forme de coeur

Par Mairi CUMMING, VWPP Automne 2025

Écriture créative (F25 – 4/4)

Promenades contemplatives dans Paris

  • Par Bianca Niyonzima

Je suis allée courir avec une amie dans le Bois de Vincennes, j’ai fini mon premier 5 kilomètres. Le paysage du bois était très joli et grâce à l’adrénaline et à notre vitesse, les arbres, les fleurs et les cygnes dans le petit étang avaient l’aspect d’un rêve surréaliste. Corps couvert de sueur, mon rythme cardiaque s’accélère au rythme de mon bonheur. Le parc était bondé de joggeurs. J’avais l’impression d’être dans une forêt spécialement conçue pour moi et les personnes qui y cohabitent, tous courant vers le même but. À la recherche de sens dans la nature et l’exercice. Il est difficile de décrire la sensation que j’avais quand j’étais dans le bois. C’était comme du déjà vu, mais la seule différence était que je ne suis pas dans un rêve déjà vu, c’était comme si j’entrais dans un nouveau monde. La recherche dit que les hormones qui se libèrent dans le corps quand on court créent des sensations d’euphorie, mais c’est bien plus. Quand j’étais dans le bois, j’ai parcouru les arbres des yeux et ce mouvement crée un effet de couleurs se fondant avec le fond bleu et vivant. Les couleurs semblaient comme des coups de pinceau sur un tableau, qui nous suivaient, moi et Kate, pendant notre jogging. J’ai senti le temps devenir plus lent, quand l’entraînement devenait plus intense. J’avais l’impression que mon corps flottait. Ma course avec Kate semblait comme un rêve idéal. Je crois que j’étais dans un état imparfait, en sueur et fatiguée, mais malgré toutes les imperfections et la douleur physique, je me sens la plus heureuse que j’aie été à Paris. Il y a une puissance spectaculaire quand tu mélanges la valeur de la souffrance humaine nécessaire face à la beauté de la nature et à la communion avec autrui, même pour une chose aussi simple que la course à pied.

  • Par Katherine Powell

La lune domine encore le ciel même dans le matin qui s’ensuit. Elle disparaît et apparaît dans les marées changeantes des nuages. L’allée qui a vue sur la Seine, est vaste et usée, faite de gravier et de sable. Le long de l’allée il y a les lueurs tamisées et ambre des réverbères, éclairant les bancs verts ici-bas. Seulement les ronronnements des voitures et le cliquetis du métro alors qu’il traverse le fleuve sont entendus. Et, très proches, il y a les pas doux des coureurs qui passent. Ils sont silencieusement résolus et se contiennent dans leurs corps fatigués et sont propulsés par leur motivation incessante. Un homme qui porte un uniforme de travail traine les pieds, tenant un instrument long qu’il utilise pour ramasser les déchets parmi les bancs. La Seine brille avec les reflets et reste stable, impassible, et belle. Un homme d’âge mûr avec des lunettes se repose sur le mur de pierre à côté de l’allée. Il porte un casque et il grignote une pâtisserie, existant dans sa propre tranquillité intérieure. Son regard s’est concentré sur la tour Eiffel, qui est foncée contre le ciel nuageux, dont les lumières scintillent. Son sommet est enveloppé par les nuages et il donne l’illusion que peut-être il continue indéfiniment vers le haut.

  • Par Libby Surgent

C’est la fin d’un coucher de soleil, et les couleurs sont très fortes. Il y a du rouge, des oranges, des roses et des violettes de toutes les nuances. Le vent n’était pas fort, donc les nuages ne se déplaçaient pas vite. Les nuages n’ont pas bougé du tout. Ce sont comme des stries fines, pas très hautes. On peut à peine voir le soleil derrière le bâtiment de l’école. Très bientôt, le soleil va disparaître. Le ciel semble immobile, mais en bas il y a la vie. Les gens qui marchent dans la rue ne regardent pas les nuages. Ils ont leur propre vie, ce n’est pas le moment de regarder le ciel. Les voitures sont bruyantes, chaque nuit à toute heure elles sont bruyantes, mais maintenant la circulation est trop bruyante. Il y a une division entre le ciel et la terre. Le monde du rose, du rouge, de l’orange, du violet, et le monde du temps, des amitiés, du langage, de l’inquiétude. Les gens ne peuvent pas atteindre le monde d’en haut. Il est trop beau pour y accéder.

Écriture créative (F25 – 3/4)

Se souvenir, entre intime et collectif : le Covid

  • Par Hannah Tsukamoto

Je suis en train de lire un e-mail, et je pense au battement de cœur humain. Je pense aux mécanismes du cœur qui permettent la survie continue du corps humain. Je pense maintenant au corps humain comme un système complexe constitué en fin de compte de chair fragile.

Le cœur est l’organe que nous avons appris en cours de biologie, et dans deux jours nous allions en disséquer un. Je l’attendais avec impatience. Avec nos propres yeux, nous allions remarquer la puissance de cet organe majestueux, ainsi que son incroyable fragilité, qui avait soutenu la vie d’une vache pendant tant d’années. Un cœur de vache conservé avec du formaldéhyde : si puissant dans la vie. Et pourtant maintenant : seulement un morceau de chair froide dans un laboratoire de biologie.

Je pense aussi au mouvement de mon propre cœur. Je pense au cœur comme à un organe des émotions. Je pense à la façon dont mon cœur semblait se précipiter vers ma gorge et résonner dans toute ma poitrine pendant que je passais un examen de piano l’année dernière. Juste comme ça, j’ai eu l’impression que mon esprit avait été blanchi de toute information. Les mouvements fluides que j’avais pratiqués pendant les heures ont été interrompus par ma propre nervosité et le tremblement de ma propre main. J’ai mémorisé trois autres morceaux cette année, et pendant le processus de répétition, j’ai toujours pensé à l’inévitabilité de les jouer ce samedi. Mais maintenant, dans trois jours, mes doigts n’auront plus l’occasion de danser élégamment sur le clavier, pas même l’occasion de s’y débattre maladroitement. Je suppose que mon cœur devrait être soulagé.

Je pense à l’amitié. Je pense, d’un côté, à ma meilleure amie du collège, et de l’autre, à mes nouvelles amies du lycée. A l’heure du déjeuner, je ne sais pas avec qui m’asseoir. Mon cœur semble incapable de décider. Je me demande même si ce choix doit vraiment exister. Peut-être qu’il y a un moyen de présenter mon ancienne amie à mes nouvelles amies, mais cette idée paraît difficile à réaliser.

Mais que dis-je ? Aucune de ces pensées n’est plus pertinente. L’écran devant moi m’indique ceci : Il n’y aura pas d’école demain. Il n’y aura pas de cours de biologie vendredi. Il n’y aura pas d’examen de piano samedi. Des décisions ont été prises à cause d’une pandémie mondiale, et je ne serai la personne qui les prendra.

Demain je n’aurai plus besoin de décider avec qui m’asseoir à mon lycée. Dans deux jours, je n’aurai plus besoin de guider un scalpel à travers la chair tendre d’un cœur de vache. Dans trois jours, je n’aurai plus besoin de jouer du piano pour un inconnu, le cœur battant. Peut-être qu’un jour dans le futur je ferai ces choses. Mais pas maintenant. Non, pour le moment, j’observerai simplement le monde à travers l’écran de mon ordinateur.

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Promenades contemplatives dans Paris

  • Par Kenji Kono

Assis face à la pelouse ouverte du Jardin du Luxembourg, je pouvais voir le changement de saison. Une pelouse vide de personnes mais pleine de feuilles qui étaient tombées était au centre de mon champ de vision. Sans mouvement ni changement, juste des nouvelles feuilles qui tombaient l’une après l’autre. Les feuilles brunes et jeunes sans aucun signe de vie. De chaque côté de la pelouse il y avait des petits jardins pleins de couleur et de vie. A gauche un jardin avec des dizaines d’espèces de fleurs différentes : bleues, jaunes, roses, lavande, blanches et tout ce qu’il y a entre elles. Deux grands arbres entouraient la pelouse avec des feuilles plutôt vertes et jaunes, montrant que c’était juste le début de l’automne. Juste derrière la pelouse, on voyait environ dix arbres avec des feuilles presque mortes, attendant un grand coup de vent pour les faire tomber. C’étaient des arbres avec la majorité des feuilles déjà parties. Ça me fait penser à l’hiver qui est pourtant lointain mais en même temps assez proche. Entre la fin de la pelouse et les arbres nus, il y avait une petite allée du Jardin du Luxembourg. L’allée était très vide en comparaison avec les autres endroits du parc mais en comparaison avec cette pelouse vide et tranquille il semblait que c’était l’allée la plus vivante, animée du monde. Les chaises sont plutôt vides avec deux couples et une famille assise tranquillement. Mais toujours il y avait des personnes en train de faire leur promenade qui défilaient. Certains des marcheurs donnaient l’impression qu’ils faisaient ça tous les jours à la même heure. D’autres donnaient l’impression que c’était leur première fois dans ce parc et peut-être même à Paris. 

Mais on pouvait toujours voir les autres petits morceaux du jardin à travers les trous dans les arbres. C’était juste une petite pelouse dans un parc plein de pelouses comme ça. Celle-là était tranquille et assez vide de personnes, mais en même temps avec plein de choses à dire.


  • Par Izzy Marcus

Il y a trois arbres qui percent le centre de la vue. La plupart des feuilles sont tombées sur le sol. Le nombre de feuilles ne correspond pas à la grandeur des arbres, donc il doit y avoir quelqu’un qui les ratisse pour garder le parc propre. À la droite des arbres, plus petite en comparaison, il y a une statue. Trois parties sur quatre de la statue sont en marbre, et la partie finale est en bronze. À cause de cela, les yeux sont attirés par le buste en bronze. Derrière cette statue, il y a plusieurs arbres de grandeur similaire aux premiers, mais ils disparaissent dans le cadre, les yeux suivent autre chose. Tout à fait à droite, il y a un ensemble d’arbres plus petits, qui ont encore la moitié de leurs feuilles. Sous ces arbres, on trouve des buissons et des fleurs. Pour la plupart, ces plantes sont vertes, mais le groupe occasionnel des fleurs introduit aux yeux les couleurs profondes de rouge, violet, et jaune. Une « Maison des insectes » reste à côté de ces buissons et fleurs, mais ils ne m’intéressent pas, parce qu’ils sont brutaux.

Les gens marchent au milieu des trois grands arbres. Un des arbres est juste un peu derrière l’autre, et un chemin les divise, donc les gens passent entre les arbres, comme s’ils marchaient à travers une haie d’honneur. 

À la gauche des arbres, les yeux trouvent un cadre similaire à la droite, mais moins intéressant. C’est difficile de se forcer à regarder à gauche, parce que les arbres sont petits et les buissons sont ennuyeux. En plus, on peut voir juste derrière ces petits arbres, un mur qui ne plaît pas. C’est mieux de se concentrer sur quelque chose d’autre.

Il y a une grande pelouse entre la droite et la gauche, devant les arbres. Elle nous invite à courir, ou à nous reposer, ou à nous asseoir et à manger. Mais c’est interdit, le signe au milieu de la pelouse, à mi-chemin entre les yeux et les arbres, nous dit que la pelouse est interdite. C’est dommage.

Les yeux regardent vers le ciel. C’est normal. Le soleil derrière étend ses rayons qui donnent aux pelouses les ombres qui s’élargissent loin des yeux. 

Une autre feuille tombe de l’un des trois arbres qui s’élève avec grandeur, et elle reste dans une poche de soleil entre les ombres sur la pelouse, à mi-chemin entre la droite jolie et la gauche ennuyeuse.

Écriture créative (F25 – 2/4)

A la manière de Proust… dans le métro parisien

  • Par Katherine Powell

Il y a de nombreuses fois que je me trouve dans le métro. Il n’est pratiquement pas possible d’éviter ce moyen de voyager, particulièrement comme une étudiante internationale qui n’a pas accès à une voiture, et qui est toujours, il semble, en retard, et donc, espère toujours que le métro bougerait plus rapidement qu’il peut bouger. En étant assise, sur un siège rembourré, dont je me demande souvent ce qui avait trempé dans son coussin, je l’ai attendu avec de la patience, qui se dégrade, mon arrêt, je faisais de mon mieux pour lire, mais mon esprit, parfois une chose imprudente et étrange, était parti ailleurs, mais maintenant les portes du métro se sont ouvertes et des gens sont entrés, le plus notable était une mère avec ses deux enfants, une fille et un fils, très jeune, peut-être juste environ trois ans, et ils ont commencé, comme leur mère était debout et tenait un poteau, à courir autour de ce poteau, encore et encore, ignorant de façon flagrante leur environnement, et ils se heurtaient contre les autres voyageurs, moi-même incluse, et ils avaient continué cette action, cognant souvent contre mes genoux; essayant de leur donner de l’espace, j’ai approché mes genoux, sans succès, parce qu’ils ont continué à se heurter contre mes genoux quand ils sont passés. Leur joie me fait penser à ma propre enfance et la folie et l’imagination qui viennent avec la naïveté du monde et la reconnaissance innée et inconsciente du fait simple de vivre; ce bonheur me manque et je me suis rappelé mon besoin d’incarner cet émerveillement enfantin dans ma propre vie étant plutôt démoralisée par la banalité quotidienne, qui, en soi-même, est assez belle ça veut dire que nous sommes vivants, même si la vie est parfois ennuyeuse et dure dans un monde toujours bizarre et chaotique et trop cruel; au moins, j’ai la capacité d’éprouver cela et les émotions qui viennent avec mes expériences; et alors, quand les enfants étaient partis, je suis restée et j’ai pensé beaucoup, me disant que je me trouve ce regard d’enfance dans ma propre vie, mais pour être honnête, je doute qu’il soit possible l’avoir jamais encore.

  • Par Hannah Tsukamoto

Il y a des moments – celui-ci parmi eux – où, dans un espace public bondé, qu’il s’agisse d’une station de métro, d’un centre commercial, ou d’une intersection très fréquentée, où pas un seul visage autour de moi n’est reconnaissable dans la foule de personnes qui m’entourent, une pensée me vient soudainement à l’esprit : l’image de moi-même en tant que jeune enfant, dont l’esprit, malgré les années qui nous séparent, je reconnais toujours en moi. Dans de tels moments, chaque petite action que je prends devient notable : le coup de ma carte de métro sur le portillon, chaque fois que je franchis le seuil entre le train et le quai de la gare, chaque pas que je fais seule dans cette vaste ville. Toutes ces actions, toute cette liberté qui s’offre à moi, bien qu’elle semble insignifiante, comme une partie de ma vie habituelle, presque oubliée à cause des soucis et du stress quotidiens de la vie, me rappellent que l’enfant que j’étais autrefois aurait considéré cette vie que je mène actuellement comme l’accomplissement de l’un de ses rêves les plus chers. La simple capacité d’aller n’importe où dans une ville, de me perdre dans une foule—je trouve que paradoxalement, lorsque je suis le plus en mesure d’apprécier cette merveille de vie, les préoccupations et obligations triviales éclipsent si souvent ce qui devrait susciter l’émerveillement.

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A la manière de Duras

  • Par Kenji Kono

Christophe est mon père d’accueil. Il a 62 ans et c’est un écrivain et jardinier. Avant, il était vendeur pour Calvin Klein et a travaillé avec un des plus fameux modèles des années quatre-vingt-dix. Il passe ses journées à écrire cinq heures par jour et travaille dans les différents jardins de ses clients autour et en dehors de Paris. Erasme c’est son fils de 24 ans. Il habite à la maison. Il fait des études de cinéma et essaie de promouvoir son nouveau film en même temps.

Je les ai rencontrés au premier déjeuner de mon séjour. Je viens d’envoyer un mail à un autre festival de cinéma, dit Erasme à Christophe. Erasme vient de finir la production de son film et maintenant doit commencer à faire des projections autour de Paris. Le film était un documentaire expérimental sur la Turquie.

Les deux se sont liés par leur amour pour le cinéma. Comme le père est un cinéphile, il lui donne souvent des conseils sur ses films. Cette première introduction était une simple image mais représentative de leur relation.

Écriture créative (F25 – 1/4)

Se présenter par un acrostiche

  • Par Bianca Niyonzima

Nom de Famille
Il y a 4 autres personnes que je connais qui ont le même nom de famille
Y c’est une lettre difficile pour commencer une phrase
Où est l’origine du nom ?
Niyonzima c’est un nom rwandais
Z, aussi c’est une lettre difficile
Il y a deux lettres dans le nom Niyonzima c’est difficile à inclure
Mais, les autres lettres ce n’est pas mal.
Alors, merci pour votre temps ! Bisous, Bianca Niyonzima

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Scènes de la vie parisienne

  • Par Izzy Marcus

Un long flux d’air s’échappe de ses lèvres au même moment où il attrape son manteau ; cela correspond à ses yeux qui percent le plancher de bois qui avait été construit il y a de nombreuses années, comme s’il voulait la réponse pour son échec dans la vieille sagesse dans le sol. Je vois tout cela pendant que je m’assieds à l’autre table ; mon assiette vide reste devant moi mais c’est comme s’il y a un accident de voiture – je veux dire que je ne peux pas aider mais je ne peux pas partir – donc la serveuse m’apporte mon deuxième dessert avec un autre verre de chardonnay, dont je ne veux pas ; elle me dit quelque chose mais je n’entends pas parce que l’homme part finalement, laissant la femme toute seule. Dans ma tête c’était un rendez-vous qui était organisé sur une application de rencontres ; les deux jeunes adultes ne semblaient pas se connaître ; je suppose aussi que ce sont les conditions de plusieurs des premiers rendez-vous mais si j’ai passé ma soirée entière à regarder un événement auquel je n’avais aucune raison de participer, je voudrais trouver une sorte de morale. La femme prit un moment ; peut-être la nuit était le plus difficile pour elle mais c’est difficile aussi de dire pour qui c’était le pire ; l’homme avait payé et si on doit jeter une soirée de temps libre, je suppose qu’il est meilleur de faire cela gratuitement ; encore, elle me semble avoir l’air le plus perdu. Le vin dégoutte à travers ma gorge ; il fait passer le goût de mon dessert indésirable ; rien ne se passe maintenant pendant que la femme regarde à son portable avec une certaine intensité ; je pense qu’elle attend que l’homme s’éloigne avant de partir, mais peut-être elle envoie des textos à ses amis ; elle peut aller avec ses amis pour la fin de la soirée et essaie de s’amuser ce soir, ou pour être ramenée à la maison si elle est venue avec l’espoir qu’elle serait ramenée à la maison par son rendez-vous ce soir. Ses yeux rencontrent les miens, et j’essaie de trouver un visage qui peut offrir la sympathie, mais ils se déplacent rapidement ; son esprit est occupé avec d’autres choses pendant qu’elle commence à partir. Demain, les deux jeunes adultes essayeront d’oublier ce soir, mais moi, qui n’ai pas de raison d’oublier, penserai aux deux pour un peu de temps. C’est peut-être moi qui ai perdu le plus de temps. 

  • Par Libby Surgent

J’ai marché rue de Rome et j’ai tourné à gauche. Le vent était doux dans mes cheveux. Je suis passée devant un lycée, et les élèves fumaient à la porte. Certaines personnes étaient debout, d’autres assises sur le trottoir. Ils étaient pour la plupart vêtus de gris. Je ne connaissais pas leurs visages, je ne connaissais personne dans la rue. Ils m’étaient tous inconnus, mais les bâtiments et les couleurs m’étaient familiers. Je suis arrivée au parc Monceau, les couleurs avaient changé, je n’étais plus dans le monde des gris, le monde des bâtiments et des roues. Le monde des voitures. Ce monde était gris, mais ici c’était vert. J’ai vu des fleurs roses, violettes, jaunes. Des filles et des garçons cachés dans les arbres. Un vieil homme endormi dans l’herbe, plongé dans un rêve, ou dans un sommeil sans couleur. Un bouledogue s’est approché de moi, et j’ai senti sa fourrure rêche. Ses dents étaient grandes et sa gueule semblait tomber de son visage. Le soleil était trop fort, et j’avais chaud dans mon manteau, alors je suis rentrée chez moi.

Présentation des textes de l’atelier d’écriture créative (F25)

Un nouveau semestre touche à sa fin, de nouvelles créations apparaissent comme autant de cadeaux au pied du sapin ! Notre collègue Alexis Weinberg a accompagné six étudiant(e)s dans leurs travaux d’écriture créative. Nous lui laissons la parole pour présenter les œuvres que vous pourrez lire dans les prochains posts.

« Ce semestre à nouveau, six séances de deux heures, des activités d’écriture organisées en six grands « gestes », deux textes retenus par chaque participant.e pour publication.
Une certaine qualité poétique émane des lieux où la nature a bonne part, dans les textes que vous allez lire : le Jardin du Luxembourg, le Bois de Vincennes, le Parc Monceau, mais aussi les quais de Seine, au petit matin ou au coucher du soleil. Si les descriptions, en cet automne parisien, exercent leur charme dans ce recueil, d’autres scènes de la vie parisienne, plus animées, y trouvent aussi leur place, qu’elles aient lieu au café ou dans le métro. C’est parfois à la manière proustienne que leurs échos intérieurs sont déployés. Au détour d’une rue, d’une allée, d’un quai, un moment de vérité survient alors.
A cet égard, nous sommes allés écouter l’écrivaine Alice Renard, à peine plus âgée que nos participant.e.s, lire une partie de son recueil de nouvelles, Peaux vives, à la Maison de la Poésie. C’est à la première personne qu’elle y raconte un moment de transformation intérieure, dans la vie de personnages de tout âge, de toute condition et de toute époque. Peut-être que ce semestre aura été l’occasion d’une telle expérience transformatrice chez nos étudiant.e.s. Certains textes en donnent brillamment l’indice.
Un grand merci à Bianca, Hannah, Izzy, Kate, Kenji et Libby pour leur implication, et, toute ma reconnaissance au VWPP, à son équipe et à Tom pour leur confiance, cette fois encore.
A noter qu’au prochain semestre, l’atelier évoluera pour compter douze séances, les textes publiés y prendront une forme plus ample et continue : à suivre, donc…
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Alexis Weinberg